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Résumé: Judith a rejoint Rackham dans le train menant à la capitale. Souvenirs et nostalgie d'une époque à jamais révolue.


*****

"Tu as reçu ton carton d'invitation pour la célébration ?" demanda abruptement l'elfe à Judith, en froissant son quotidien.

" Pardon ? De quoi parles-tu ? "

" Ne fais pas semblant. Tu comprends tout à fait de quoi je parle. Les journaux ne jurent que par ça en ce moment. "

Il tendit le journal à la jeune femme. Les gros titres étaient "première célébration de la création du Doublon." ou encore "Qu'en est-il aujourd'hui des conséquences du Sacrifice ?"

Bien sûr qu'elle avait reçu son carton. On l'avait apporté jusqu'à chez elle, non pas par le messager habituel, mais par un nephilim vêtu d'une livrée royale. Elle avait droit à cet honneur puisqu'elle avait cru au projet fou du Sacrifié, l'accompagnant jusqu'à dans cette grotte de Brocéliande. Elle l'avait vu disparaître, avalé par cet énorme miroir qui s'était recouvert d'une pellicule d'or. S'ensuivit l'exode et la conquête de ce nouveau monde. De tout cela, Judith en avait été un témoin privilégié.

" Tu te doutes que moi, je ne l'ai pas reçu. Ils ne veulent pas me voir débouler à leurs festivités royales." ironisa Rackham.

Sa voix était habillée d'humour, mais une oreille attentive pouvait percevoir de la rancune dans cette phrase assassine.


Rackham était un métis. Il avait pourtant toutes les caractéristiques de sa race : peau pâle, yeux d'un bleu délavé et bouche sombre. Seule sa chevelure trahissait son lien de parenté avec un humaine : elle était d'un blond clair et non d'un blanc immaculé.

Rackham était un bâtard, car du sang royal coulant dans ses veines. Sa naissance divulguée fut un coup de tonnerre dans le monde des créatures. Un des leur pouvait donc s'éprendre d'un être sans magie ? Cet étonnement hypocrite cessa bien vite. Aussi, sa naissance fut acceptée à cette unique condition : qu'il ne prétende jamais au trône de son père. Il devait être dur pour le roi de voir les traits de la femme qu'il avait aimée dans le visage de son fils. Il était encore plus dur pour le prince légitime de voir cette erreur vivre au palais.

" On ira faire notre célébration de notre côté, car je n'y vais pas. " répondit assurément Judith.

Rackham sourit, à peine surpris.

"Si toi, tu n'y vas pas, cela sera un " accident diplomatique " qui ferra les gorges chaudes de toutes les âmes, du palais royal jusqu'à la plus misérable des masures. Cela sera considéré comme si tu reniais l'œuvre du sacrifié."

"Tout le monde s'en fout." s'impatienta Judith. "Pardonne-moi mon langage, mais c'est juste une occasion de boire de baiser."

"J'aime ta subtilité."

"Je crois que c'est ça qui me dégoûte le plus. Qu'on se sert d'un drame pour faire la fête."

"C'est un drame pour toi, mais pour moi, c'est une chose joyeuse. Je suis désolé que cela te blesse, mais le mort de cet homme est l’événement qui m'a rendu le plus heureux au monde. Non pas que je suis ravie de la savoir disparu, mais son sacrifice nous a permis de vivre enfin libre. Tu ne vivais pas caché, toi." finit Rackham, un peu amer.

"Je vivais avec vous !"

"Mais toi tu avais ce que nous, nous n'avions pas : le choix."

À cela, Judith ne sut pas quoi répondre. Il avait raison.

"La seule chose que je regrette, c'est de ne pas avoir laissé ce même choix aux résistants..." soupira-t-elle.

Le regard de Rackham se radoucit, car il ne pouvait l'aider à se sentir mieux. Ce combat contre sa conscience, elle était la seule à pouvoir la remporter. La bataille était rude, car de l'espoir du début, celui de fonder une société libre, n'était resté que l'amertume de l'échec. Elle avait combattu pour la liberté et avait finalement aider le système à faire des milliers de prisonniers.

"C'est incroyable comme une simple idée, si bonne dans son principe, peut faire autant de malheureux." pensait-elle souvent.

Son vœu le plus cher s'était pourtant réalisé : un nouveau monde, vierge de toute civilisation, avait été conquis. Mais la joie fut ternie par la cruauté dans laquelle cela s'était déroulé, rendant le plaisir de la victoire si acide qu'il finit par la dégoûter à jamais. Elle avait perdu la foi et n'écoutait plus que la tristesse des uns, devenue sourde à l'allégresse des autres.


"Et puis, tu pourras la voir" tenta Rackham. "Tu sais qu'elle serait heureuse de te parler."

Judith rit tristement. Elle savait bien de qui il voulait parler.

"J'ai du mal à la regarder dans les yeux. J'y vois son père."

"Elle veut te voir pour la même raison. Toi aussi, tu lui rappelles son père."

Elle soupira puis essaya de regarder le paysage qui défilait derrière la vitre. L'horizon plongé dans l'obscurité, il ne se reflétait que son propre visage.

" Ma pauvre Gisèle, ton père est un héros, un vrai. " se dit-elle, comme pour elle-même.

En réalité, c'était cela qui la faisait redouter cette soirée. Elle avait peur de voir la fille de Sacrifié.


Le silence s'installa entre eux jusqu'à ce que l'agent vienne les voir pour les prévenir de leur arrivée. Tous les passagers se préparèrent et se pressèrent vers les portes. Depuis que les créatures connaissaient la liberté, la plupart ne voulaient avoir que le ciel comme toit sur leurs têtes.


Un groupe d'elfes passèrent devant eux. Ils étaient maquillés et coiffés à la mode "humaine". La poudre bronzante dont ils étaient recouverts cachait mal leur peau d'une pâleur presque translucide. Ils exhibaient tous des articles chinés dans une brocante ou une friperie tenue par des pirates urbains, ces chercheurs de trésors modernes.

" Regarde-moi ces incroyables et ces merveilleuses !" lâcha Rackham, les dents serrées par la colère. " Une honte pour ma race ! "

Judith, amusée par la réaction de son collègue, répliqua :

" Ce n'est pas un crime, ils ne font que s'habiller comme les humains. "

" La culture humaine n'est pas notre culture. "

" Ais-je le droit de singer les créatures ? " dit-elle en montrant son collier représentant le symbole du Grand Alchimiste : un serpent se mordant la queue et formant un huit avec son corps.

Il prit la remarque avec humour et se fut à son tour de lui répondre :

" Parfois, j'oublie à qui je parle... J'ai même l'impression que tu n'es plus humaine. "

" Parfois, je me surprends à penser la même chose... " dit-elle en regardant une dernière fois son reflet dans la vitre.




Les egares du Doublon (chap 3)
Voici le troisième chapitre ! La prochaine fois, on va voyager au coeur de la cité ! Cela va être dépaysant ! 
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La scène était terrible.
Une infirmière laissa rouler le brancard mais arrêta les gardiennes qui le suivaient. Elles avaient emmené une femme se tordant de douleur. La pauvre tenait son ventre étrangement arrondi et menaçait de tomber du lit. Le personnel hospitalier la sangla pour ne pas qu'elle se blesse, mais celle-ci hurlait et se débattait comme une enragée.
« Par la déesse, mais qu'a-t-elle ? » cria une infirmière.
Elle avait aperçu la peau du ventre tendue, prête à exploser et couperosée de vergetures. Elle s' arrêta, horrifiée, et une autre prit le relais. La femme à l'agonie hurlait, mais personne ne la comprenait. Tous se focalisaient sur une chose : son abdomen boursouflé. Le brancard s'engagea finalement dans un autre couloir et ne s'arrêta qu'une fois dans le bloc opératoire.
 
« Il y a quelque chose dans son ventre. » déclara la radiologue, en apportant des feuilles où l'on apercevait une tâche sombre.
« C'est un parasite ? » demanda la chirurgienne.
« En quelque sorte... C'est un fœtus. »
Un silence de mort s'abattit. La nouvelle était si abasourdissante que toutes s'étaient figées.
« S'il-vous-plaît, préparez-vous à l'extraction de... de ce fœtus. »
Les femmes présentes s’affairèrent à préparer le nécessaire à l'opération qui allait suivre et que personne ne savait pratiquer : un accouchement. Aucune ne l'avoua de vive voix, mais elles étaient terrorisées.
« Si quelqu'un a une idée de comment on fait ce genre... d'intervention, je suis preneuse. » déclara la chirurgienne.
Bien sûr, personne n'osa parler.
« Ce n'est pas arrivé depuis cinq siècles mais je suppose que si les animaux le font sans aide, il n'y a pas de raison qu'on n'y arrive pas ! Mettez en route le protocole 6. » continua-t-elle.
« Protocole 6 enclenché », bredouilla une jeune femme.
« Voyons Jyzbel, ce n'est pas le moment de tourner de l’œil. C'est même le moment de garder les deux ouverts. Nous assistons à un moment historique. »
Si personne ne partageait son enthousiasme, l'équipe resta tout de même professionnelle. Pour soulager la jeune femme et surtout la faire taire, on lui administra une anesthésie générale. Il avait été décidé que l'accouchement s'effectuerait par incision de l'abdomen. Bien plus tard, lorsque la chirurgienne dut s'expliquer devant la commission spéciale, elle fut fière d'indiquer le nom de cette pratique : une césarienne. Le procédé était archaïque mais elle ne voulait pas tenter un accouchement par voie basse : trop compliqué et trop risqué lorsqu'on ignorait tout de la matière.
 
Mais pour l'heure, la chirurgienne priait pour que personne ne voit ses mains trembler. Aussi assurée qu'elle paraissait, elle n'avait jamais pratiqué ce genre d'intervention. Ce n'était plus prévu dans les manuels de médecine. A quoi bon, personne n'était né par voie naturelle depuis des siècles ! Elle avait même peur de ce qui se logeait à l'intérieur de la malheureuse. Celle-ci maintenant endormie, l'incision pouvait avoir lieu. C'était la partie la plus facile de l'affaire, le reste lui étant complètement inconnu.
« On va improviser », déclara la chirurgienne, comme pour se convaincre elle même de sa capacité à mener à bien un tel projet.

L'accouchement se déroula mal : la « mère » mourut d'une hémorragie. Malgré cet échec, la chirurgienne pouvait être fière d'elle, l'enfant avait survécu et gigotait désormais dans ses mains. Elle s'en débarrassa rapidement pour s'occuper du cadavre.
« Du fil et une aiguille. »

La mère avait expiré au moment où son enfant hurlait pour la première fois. La sage-femme improvisée hurla à son tour, son cri se mélangeant à celui du nouveau-né. Elle avait pourtant le cœur bien accroché mais elle faillit échapper le bébé en remarquant l'horrible appendice.
« Que la prêtresse nous protège, cet enfant... est un homme ! »
La terreur secoua les membres de l'équipe médicale et le silence de nouveau s'abattit, seulement troublé par les pleurs du nouveau-né.

Le malaise était palpable. Une naissance « naturelle » était déjà en soi une erreur, mais que le bébé soit un garçon, c'était une insulte, un blasphème. Pour peu que certaines personnes présentes aient un penchant pour la superstition, ils auraient pris cet enfant comme la réincarnation du démon.
« Attendez... Cet homme. Il lui manque un testicule. »
L'infirmière souleva le sexe du bébé avec une certaine fébrilité. Elle fut bien surprise de voir en-dessous des organes génitaux féminins.
« Cet enfant est un homme ou une femme ? »
Le chirurgien n'était plus à une aberration près.
« Comment appelle-t-on ce genre de sexe ? » demanda-t-elle, blasée.
Une jeune infirmière intervint :
« J'ai fait mon stage dans une couveuse industrielle, il y avait parfois des erreurs dans la fabrication des nouveaux-nés. Il arrivait qu'on se retrouve avec ce genre de... »
« C'est pas le moment pour un rapport de stage, s'il vous plaît, allez aux faits ! » coupa la grosse infirmière, encore bouleversée d’avoir approché l'ennemi de si près.
« C'est de l'hermaphrodisme. C'est un hermaphrodite. »
La chirurgienne soupira. Elle devait rapidement prendre une décision. L’hôpital n'avait aucun service capable de s'occuper de ce genre d'individu.
« Très bien, appelez la couveuse la plus près. Ils sont plus compétents que nous concernant les besoins de nourrisson. »
« Mais que vont-ils faire de lui ? » coupa une infirmière jusque là encore silencieuse.
« Ou d'elle. »
« Ce ne sont plus nos affaires, on a fait ce qu'on pouvait pour sauver cette femme. Et on a bien foiré. Veuillez la recoudre à ma place. »
Elle regarda le cadavre une dernière fois avant de sortir de la pièce, plus bouleversée qu'elle ne l'aurait pensé.
 
« Comment une telle chose pouvait se produire ? » se demanda la chirurgienne.
Les couveuses industrielles étaient devenues obligatoires depuis la reconnaissance de l'infertilité de l'espèce humaine. Une naissance naturelle était donc impossible. Ce qui venait de se produire était un miracle ou une malédiction, balayant en un instant l'ordre établi depuis des centaines d'années.

Elle fut sortie de ses pensées par une femme en tailleur, qui semblait l'attendre. Il n'était pas courant de voir ce genre de personne dans les couloirs du bloc opératoire. Elle regarda alors au fond du couloir et remarqua les gardiennes. Elles étaient postées comme pour surveiller l'entrée, leur arme dans les mains.
« Comment va-t-elle ? » demanda la jeune femme.
« Pas très bien, je le crains. Elle est morte. Qui êtes-vous ? »
« Je parlais de l'enfant. Je suis Abigail Odouce, et je représente le gouvernement. »
« Comment savez-vous pour l'enfant ? »
« J'ai tout entendu. »
« Je dois garantir les intérêts de l'Etat et pour cela, je dois vous transmettre ces directives. » continua Abigail en tendant une lettre.
« C'est notre « protocole » à nous pour éviter que cet accident ne s'ébruite. Je suis sûre que vous comprenez l'intérêt imposant le silence sur ce qui vient de se passer.»
La chirurgienne ne décacheta même pas la missive. Elle avait l'habitude de ce genre de courrier émanant directement du ministère. Sauf que souvent, ce n'était pas en personne qu'on se déplaçait pour lui apporter. Elle la regarda droit dans les yeux -elle n'avait pas peur des bureaucrates- et lui demanda :
« Qu'allez-vous faire de l'enfant ? »
« Ne craignez rien, nous n'allons pas la tuer. Elle sera utile à sa patrie. »

La véritable incarnation du mal résidait non pas dans ce bébé mais dans ce sourire sans âme.  A peine né, il se voyait déjà destiné à devenir une arme dans cette guerre que les femmes menaient. Cette créature en tailleur ne s'était pas trompée : cet enfant deviendrait l'un des rouages les plus importants dans la lutte contre les hommes. Il allait aussi anéantir tout ce en quoi croyaient les individus, tout sexe confondu, qui peuplaient la face illuminée de la Terre.
Rebis
Voilà ma participation pour le groupe "le thème du lundi". Le thème était "l'enfant".
Ce texte est l'introduction d'une vieille histoire parlant d'un monde où la guerre des sexes fait rage. Imaginez donc un hermaphrodisme dans cet univers...
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Mes vacances sont plutôt prolifiques. Voilà en résumé ce que je fais:
J'ai écris l'introduction "nouvelle version" de "Les égarés du Doublon" qu'il me reste à recopier sur PC.
Je joue de la guitare (acheté ce matin et je connais déjà "au clair de la lune"! En même temps, le particulier dit que j'ai des doigts pour jouer... Je crois qu'il voulait vraiment la vendre !)
Je couds un chemisier (je hais les manches...)
Je me remets à l'esperanto (leçon 18 "les mots composés"... On va bien se marrer !)

Bref, je ne m'ennuies pas. Pourtant, j'ai toujours cette impression de ne pas avancer. Je crois que j'ai un grave problème d'ego. Je me trouve parfois si naze... (du coup j'allais oublier le principal : je lis l'avenir dans les cartes de tarot ! -cette affirmation est approuvé par mon frère, ma mère, mon père et mon meilleur ami-)

Et je trouve l'audace de commencer une nouvelle histoire...

Enfin, nouvelle histoire est un bien grand mot, c'est plutôt la suite de "les égarés du Doublon". On va l'intituler "Les cinq chevaliers" et on va lui attribuer le numéro 5). Il faut que je recopie la partie 4 "rêves chimériques" au propre et surtout, il faut que je corrige la partie 3 "Les ailes brisées"...

En clair, "les égarés du Doublon" compte 4 parties:
partie 1: "Le souvenir du sacrifié" (60 pages word)
partie 2: "Sang de pierre" (25 pages word)
partie 3: "Les ailes brisées" (25 pages word)
partie 4: "Rêves chimériques" (?)
partie 5: "Les cinq chevaliers" (?)

Pour l'instant, c'est tout. En relisant mon journal, j'ai l'impression que c'est déjà pas mal, non ?


PS: je vais bientôt changer de bannière d'auteur !


Et vous, comment voyez-vous la rentrée ?
  • Listening to: "science-fiction" de Christine and the queens
  • Reading: Belphégor
  • Watching: Thierry la Fronde
  • Playing: au clair de la lune à la guitare
  • Eating: sandwich au nutella
  • Drinking: nectar de banane

Judith ralentit. La ville apparut enfin à l'horizon, vestige d'un monde à jamais perdu. Le célèbre magicien Rubedo en personne ne pouvait l'expliquer "scientifiquement" ou autrement d'ailleurs, mais dans le Doublon crée par le Grand Alchimiste, peu de différences existaient. En effet, le reflet était si fidèle que les bâtiments de ce nouveau monde étaient semblables en tout point à ceux de l'Original. C'était comme si les constructions de la Terre se bâtissaient ici aussi. " Il s'agit d'une sorte de mise à jour " avait tenté d'expliquer le magicien.


La petite ville était déserte. Judith s'était habituée à cette solitude dans ces lieux qu'elle avait connus bondés. Dans le Doublon, seule la capitale et quelques petits villages l'entourant étaient habités. Les décombres non occupés restaient alors le refuge des monstres. Rares étaient les personnes assez inconscientes pour traverser seule une tel endroit car le danger était comme partout ailleurs : dans chaque coin d'ombre. À un détour d'immeuble, une bestiole pouvait surgir vous dévorer et avec un peu de chance, elle n'aurait pas encore été répertoriée. D'ici, on ignorait donc tout. Seuls les monstres attaquant la capitale ou les hameaux satellites marquaient assez les esprits pour qu'on leur octroie un nom.


Judith s'arrêta sur le quai de la gare. Elle laissa à grand regret sa moto en priant le Grand Alchimiste pour qu'aucun animal ne viennent la saccager. Elle s'assit sur un banc et ne leva même pas la tête lorsque une meute de veltro, chien maigre et noir aux yeux jaunes, courut sur les rails en aboyant à la mort. Le train ne mit pas longtemps à arriver. Aucun jingle sonore ne l'annonça, seul le frottement des roues sur les rails se répercuta jusqu'à la jeune femme. À vrai dire, il n'y avait qu'un seul train qui faisait l'aller-retour dans la journée. Il relayait la capitale à tous les avant-postes, petits hameaux dans son orbite, qui servaient à limiter son engorgement tout en constituant une base à l'exploration urbaine. Ces villes périphériques étaient en quelque sorte des comptoirs fleurissants, signe de la richesse et de l'opulence d'une capitale royale en pleine croissance. Si le train faisait un arrêt ici, c'était seulement pour Judith.

Il menait donc vers le centre d'impulsion du Doublon : Enock, la cité capitale. Dans l'Original, ce n'était pas le nom de la ville, mais Judith avait fini par l'oublier. Elle avait même oublié le nom de son pays.


Les portes s'ouvrirent dans un souffle pneumatique et un agent l'accueillit :

" Bonjour, mademoiselle Dunois. Bienvenue à bord de ce TER intercité à destination de la capitale."

Judith haussa un sourcil en signe d'exaspération. Elle monta tout de même et suivit l'agent qui était déjà parti. Le train reprit sa course tandis qu'elle traversait les allées à la recherche de son collègue. Comme devinant le fil de sa pensée, son guide indiqua :

" L'agent Rackham est déjà là. Votre route s'est-elle bien passée ? "

" Aussi bien que d'habitude. " répondit simplement Judith.

" Je le vois. Vous êtes encore en vie. " plaisante-t-il. " Quand vous décidérez-vous à vivre en ville ? "

" Quand je commencerais à me lasser du danger. " philosopha la jeune femme.

L'agent le regarda d'un air crispé et ses yeux rouges de crocoeur brillèrent d'un éclat à la fois teinté d'admiration et d'agacement.

"Après tout, si vous étiez assez folle pour suivre le sacrifié, alors plus rien de votre part ne devrait nous étonner." philosopha l'agent. "D'ailleurs, dois-je vous souhaiter un joyeux anniversaire ?"

"Ce n'est pas moi qui suis morte l'année dernière."

L'agent ne répondit pas et s'arrêta devant un emplacement de quatre sièges. L'un d'eux était déjà occupé. La jeune femme s'assit en face d'un elfe et attendit qu'il daigne lever la tête. Il était littéralement plongé dans son journal. Rackham posa finalement "La gazette du Nouveau Monde" et la salua :

"Bonjour Judith. Je suppose que toi aussi, tu ne sais pas pourquoi nous sommes convoqués."

"Pour nous féliciter de la réussite de la dernière mission ?" dit-elle en souriant à son collègue.

"Ce n'est pas l'habitude de la maison, voyons."

"En tout cas je n'ai pas reçu de dossier, juste un messager nephilim pour m'apporter l'heure et la date de ma convocation."

"Tu vas avoir des morts sur la conscience si tu continues à habiter en Enfer. Pense un peu à ces pauvres créatures ailées !" sermonna Rackham en pensa à ces messagers qui volaient, en bravant tous les dangers, jusqu'à la maison de la jeune femme.

"J'en ai déjà assez..." dit-elle en se rembrunissant.

Il haussa les épaules et reprit sa lecture.


Les egares du Doublon (chap 2)
je pense a refaire l'introduction. l'univers est ardu...
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 L'aube éternelle baignait la forêt de ses pâles lueurs. Sur la route aux marquages effacés, frontière grise tressée de blanc, tranchait un phare dans l'obscurité. Ce faisceau de lumière accrochée au guidon de la Harley, fendait les ténèbres comme une épée.

La femme aux commandes de l'engin était poursuivie par un être velu et imposant qui courait pieds nus. Ce monstre aux yeux cruels et stupides rugit de colère, vite distancé par le véhicule. Judith ne l'entendit pas, perdue dans ses pensées. Les arbres étaient identiques à ceux qui bordaient la route de son souvenir mais l'atmosphère y était différente, rendant l'endroit familier et étranger à la fois.

Dans le Doublon, monde où l'aurore et le crépuscule avaient remplacé le jour et la nuit, tout était semblable à la Terre sans vraiment l'être. Aucun astre ne perçait les nuages, seulement déchirés de rubans orange et violet. Voilà l'endroit où les égarés avaient échoués. Elfes, antipodes, crocoeurs, magiciens, ainsi que quelques humains, s'y étaient réunis pour vivre enfin en paix.

« Rappelle-toi... » pensa la jeune femme, en accélérant.

Malgré le fait que Judith soit humaine, elle connaissait l'univers des créatures. À vrai dire, sa vie était déjà marginale dans le monde original. Elle était détective dans les souterrains new-yorkais, le plus grand refuge des créatures. Puis le Sacrifice avait été réalisé et le portail s'était ouvert sur ce reflet altéré. La copie de l'Original était à la fois attrayante et effrayante. Enfin la liberté ! Enfin la possibilité d'aller et venir sans recourir à des subterfuges magiques ! Cependant, le Doublon était obscur et dangereux. Jamais le jour ne se levait sur ces terres. Cette pénombre perpétuelle était devenu le royaume des monstres, ceux-là même qui peuplaient les légendes du Grimoire.

À l'ouverture de la porte, les créatures se divisèrent. Pour certains, il n'y avait aucun doute possible. Tous devaient partir à la conquête de ce monde nouveau car de cette fuite en dépendait leur survie. Les autres, ceux qui se méfiaient de cette terre neuve aux allures hostiles, ne voulait pas s'y enfermer à jamais. Il ne voulait pas fuir, mais il ne voulait pas non plus s'épanouir. Les premiers partirent et le transport de milliers de volontaires s'effectuèrent : ce fut la première vague de l'exode.

Mais comme toujours dans ce genre de conflit, la victoire est sans demi-mesure. Le roi des elfes, qui s'était proclamé dictateur dans l'intérêt de ses sujets, proclama le voyage total et définitif. Pourquoi forcer des personnes à abandonner leur foyer pour s'embarquer vers un univers inconnu ? En vérité, les premiers colons n'étaient pas assez nombreux pour conquérir ces terres. Qui plus est, séparé entre deux mondes, la survie de tous était compromise par le faible taux de natalité et les risques de consanguinité. Ainsi, les résistants furent bâillonnés, enchaînés et traînés jusqu'au portail menant au Doublon. Le voyage n'était plus un exode, mais une déportation. On ne conduisait plus les créatures vers la liberté : on les condamnait au bagne.

Judith était complice par omission des crimes perpétués au nom de la communauté. Elle se sentait criminelle, mais était considérée comme une héroïne de cette sombre page de l'Histoire. Secrètement, elle espérait que chaque personne qu'elle avait laissé spolier de ses biens, de sa vie, lui pardonnerait un jour sa lâcheté.

Suite à la deuxième vague de l'exode, les créatures qui s'étaient mieux cachées pour éviter ce voyage forcé, se pensèrent en sécurité. Ce fut peine perdue. Un puissant magicien créa un sortilège capable de faire voyager toutes les créatures d'un monde à l'autre et ce, sans leurs consentements. Toute magie disparut alors de la surface de la Terre et l'histoire du Doublon débuta sur la violence et la misère.

Judith ne ressassait que les mauvais aspects de cette guerre sans ennemis et aux milliers de victimes. Même si la paix était relative, éclaboussée parfois de la conduite de groupes extrémistes, elle n'en semblait que salie et non ébranlée. Les créatures finirent même par prendre possession de ce monde. Petit à petit, naissait une identité, une citoyenneté du Doublon. Ainsi, ils se battirent en son nom contre les hordes de Dragon qui menaçaient la capitale royale. Beaucoup de récalcitrants finirent par changer d'avis, tandis que l'ennemi avait changé de forme. Son visage aussi s'était modifié, pour revêtir les écailles des léviathans pullulant dans la rivière bordant la cité capitale.

Les créatures transportées contre leur gré changèrent-elles vraiment d'avis ou finirent-elles par se résigner ? Nul ne le sait. Embarqué dans la même galère, il ne leur restait plus qu'à accepter leur destinée.


Les Egares du Doublon (chap 1)
 Cela vous semble fou ? Attendez de lire la suite...

 "et après la fin du film, qu'est-ce qui se passe ?".

Vous savez, vous regardez un film et vous ne pouvez pas vous empêcher de vous demander "et après, qu'est-ce qui se passe ?". J'ai toujours été curieuse de savoir ce qu'il y avait après le générique. Voilà pourquoi il y autant de choses se passant avant le début de l'action. En parlant de l'intrigue, comment est-elle née ?

Cet univers est sorti de mon esprit après mon opération (la cause de l'interruption de ma participation à deviant art). Bien longtemps après mon rétablissement, l'univers me hantait toujours. Je pense qu'il reflétait mon état d'esprit de l'époque. Mais plus qu'un état d'esprit, j'ai réussi à le faire perdurer et surtout à le faire évoluer.

Ainsi, au fur et à mesure de ma vie, le récit s'est étoffé. J'y ai incrusté d'autres pensées et finalement, cette histoire est devenu une sorte de journal intime déguisé. C'est donc mon projet fleuve, l'univers qui est la toile blanche sur laquelle j'esquisse mes inquiètudes. Cela parlera donc de solitude, de sacrifice, de politique, de folie, de pardon et surtout d'espoir. 

L'espoir d'un monde neuf que l'on apprend non pas à dominer mais tout simplement à aimer. Finalement cette histoire relate mon passage de l'enfance à l'âge adulte. Ceci est mon rite d'initiation, tout autant que mon tatouage. Le voyage continue pour ma part. Le votre ne fait que commencer. 

Pour précision, il y aura 25 chapitres en tout. 

Judith est la protagoniste. Vous verrez qu'il y en a plein. Vous allez en rencontrer un nouveau dans le prochain chapitre. 

Watcher pour suivre ! Le prochain chapitre... Le vendredi 29 ou samedi 30 août !


N'hésitez pas à me faire part de vos avis, conseils et critiques. Je me demande comment mieux présenter... 
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daisy-branighan
Avida Godiva !
Artist | Hobbyist | Literature
France
LES EGARES DU DOUBLON


Dans le Doublon, monde où l'aurore et le crépuscule avaient remplacé le jour et la nuit, tout était semblable à la Terre sans vraiment l'être. Aucun astre ne perçait les nuages, seulement déchirés de rubans orange et violet. Voilà l'endroit où les égarés avaient échoués. Elfes, antipodes, crocoeurs, nephilims, magiciens, ainsi que quelques humains, s'y étaient réunis pour vivre enfin en paix.


Mes vacances sont plutôt prolifiques. Voilà en résumé ce que je fais:
J'ai écris l'introduction "nouvelle version" de "Les égarés du Doublon" qu'il me reste à recopier sur PC.
Je joue de la guitare (acheté ce matin et je connais déjà "au clair de la lune"! En même temps, le particulier dit que j'ai des doigts pour jouer... Je crois qu'il voulait vraiment la vendre !)
Je couds un chemisier (je hais les manches...)
Je me remets à l'esperanto (leçon 18 "les mots composés"... On va bien se marrer !)

Bref, je ne m'ennuies pas. Pourtant, j'ai toujours cette impression de ne pas avancer. Je crois que j'ai un grave problème d'ego. Je me trouve parfois si naze... (du coup j'allais oublier le principal : je lis l'avenir dans les cartes de tarot ! -cette affirmation est approuvé par mon frère, ma mère, mon père et mon meilleur ami-)

Et je trouve l'audace de commencer une nouvelle histoire...

Enfin, nouvelle histoire est un bien grand mot, c'est plutôt la suite de "les égarés du Doublon". On va l'intituler "Les cinq chevaliers" et on va lui attribuer le numéro 5). Il faut que je recopie la partie 4 "rêves chimériques" au propre et surtout, il faut que je corrige la partie 3 "Les ailes brisées"...

En clair, "les égarés du Doublon" compte 4 parties:
partie 1: "Le souvenir du sacrifié" (60 pages word)
partie 2: "Sang de pierre" (25 pages word)
partie 3: "Les ailes brisées" (25 pages word)
partie 4: "Rêves chimériques" (?)
partie 5: "Les cinq chevaliers" (?)

Pour l'instant, c'est tout. En relisant mon journal, j'ai l'impression que c'est déjà pas mal, non ?


PS: je vais bientôt changer de bannière d'auteur !


Et vous, comment voyez-vous la rentrée ?
  • Listening to: "science-fiction" de Christine and the queens
  • Reading: Belphégor
  • Watching: Thierry la Fronde
  • Playing: au clair de la lune à la guitare
  • Eating: sandwich au nutella
  • Drinking: nectar de banane

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Comments


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:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Oct 14, 2014
Hellop ! Comment va ? ;)

Hâte de lire la suite de Doublon ! ;)
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:icontheauthormissn:
TheAuthorMissN Featured By Owner Aug 26, 2014  Hobbyist Writer
Merci pour le watch!
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:icondaisy-branighan:
daisy-branighan Featured By Owner Aug 26, 2014  Hobbyist Writer
De rien ! Je me suis rendue compte que j'ai commenté plusieurs de tes textes, ceci démontre que j'aime bien ton style. Du coup, pour louper aucune sortie, je t'ai gentiment watché. :ahoy:
Reply
:iconheadmoon:
Headmoon Featured By Owner Aug 18, 2014
Je viens de lire l'extrait de Doublon : il semble prometteur !
Pour la petite anecdote, voici la musique que j'écoutais au même moment : www.youtube.com/watch?v=1l0TxL… et, je sais pas pourquoi, mais je trouve qu'elle collait plutôt bien à l'ambiance de la scène ! ^^
Reply
:icondaisy-branighan:
daisy-branighan Featured By Owner Aug 19, 2014  Hobbyist Writer
C'est un choix de musique tout à fait sympathique. Personnellement, l'univers est né en écoutant une musique en particulier. Il s'agit de Wild West Coma d'Opium (www.deezer.com/album/77618) voil le lien pour l'album. 

J'espère que la suite tiendra ses promesses ! 
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